mercredi 12 août 2009

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éditorial,
par Pierre Hunout


une saison n’est rien d’autre que le temps à rebours, le présent d’une expérience évoquée, comme Rimbaud qui fait face à son éternité et à la disparition de l’astre, à l’attente et à l’espoir d’un nouveau soleil. Une saison au hasard à tirer des traits dans le ciel, une saison à quadriller le terrain et à voir alors ce qu’il pourrait en rester.

ce mois-ci, [sic] donne une parole d’exception à Miles Supico, brillant voyageur de l’incertain, par là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique, là où la terre fait le dos rond. Avec cette chaleur intranquille, le décompte du désir d’ailleurs, le bâteau était déjà ivre lorsque Buenos Aires accosta sous ses pieds. Souvenir d’une ville comme disparue avant naissance, le projet de la cité est un jour parmi tant d’autres, pas une nuit, ni même une illusion, mais une trajectoire qui vise à côté, un manque(ment).

dans cette ville poursuivie, comme assoifée de soif, une source n’en est pas moins désespérante et inquiète ; la démarche, soit-elle figée, ne répond plus, seuls restent le trajet à qui l’on a oté sa destination, la position renversée et l’à-côté de la route. Car aujourd’hui Miles Supico prêche enfin un désert, et nous acquiesçons, nous nous rangeons dans les foules de quinze millions et quelques milliers de kilomètres, à scruter avec lui, où mieux nous taire. À l’écoute.



sic07_août_2009

dimanche 12 juillet 2009

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éditorial,
par Laurence Barrère


Parce que nous tous des voyageurs de la voix.

Après un mois de juin effréné à la température et aux lectures ryhtmées, dixit part à Lodève, en terre sereine du poème, pour dix jours en le poème, autour du poème, dans ses amonts et ses avals. Il ne s’agit guère de poétique, mais de poésie, de poésie pure. A ceux qui dévaluent la création singulière, dixit répondra par de la création. Attester ensemble le phénomène-voix, le phénomène langage. Sa diversité. Et par là même, son unité. dixit sort ses armes, et dilapide ses mots.

Nous vous invitons donc, du 19 au 26 juillet, à entendre « les voix de la méditerrannée », dans un festival atypique qui depuis 10 ans fait du poème et de son oralité un mode de vie, une promenade enchanteresse. dixit sera présent, avec ses publications semestrielles, avec [sic], sa revue mensuelle, et avec des propositions de lectures, en particulier autour du numéro 7 de sa revue.

Parce qu’il est parfois temps pour le poème de se régénérer, de toucher la sérénité qui parfois se délie dans les emportements multiples, parce qu’il est parfois temps pour le poète de rencontrer l’autre et sa langue, ailleurs. Toujours dans cette poétique d’échange de paroles et de regards de silence, dixit s’évade, pour mieux retrouver son centre. Ce que Bernard Noël appelle l’espace du poème, cet espace central, perpétuellement à réinvestir, dans la marche et l’affirmation des soifs.

La légèreté, si elle est toujours insoutenable, prend la forme d’un corps ce mois-ci, et avec la chaleur naissante émane du poème cet espace central. Nous écrivons parce que nous ne vendons pas des mots, nous écrivons pour vous donner à entendre, pour vous donner à voir.

Au-delà d’un imaginaire poétique, c’est une perception en acte de la création que nous souhaitons partager. Faire, et propager le poème ne revient pas à estimer l’échange, mais à le transhumer.

Transhumance salvatrice, qui fait de notre collectif un ensemencement, une naissance renouvelée.

Actualité naissante, pour le poète, pour le collectif. Sans l’autre, ma parole est néant. Sans l’étrange dans ta langue, ma lecture est illusion.

Vous témoigner ce besoin, hors les styles, mais en la nécessité. Nous pensons à Henri Meschonnic, présent l’an dernier à Lodève, qui fait de nous, indéfiniment, des voyageurs de la voix, des mutants de l’inconnu.



sic06_juillet_2009

jeudi 7 mai 2009

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éditorial,
par Matthieu Marie-Céline


De mon propre aveu et de ma personnelle proximité avec cette espèce en voie de renaître – ce qu’il me plaît de croire –, ami(e)s lectrices et lecteurs, j’ai envie de vous dire ce qui suit, qui tiendra lieu d’avertissement selon votre potentiel d’amortissement et votre sensiblerie du moment :

Méfiez-vous des poètes, du poète dans l’absolu ! Et méfiez-vous-en sérieusement, parce qu’ils et elles ne sont pas très fiables – et elles, bien que peu nombreuses à oser, s’inscrivent parfois au-delà des genres et des sexes comme dans le cas de Clara Janés. De manière générale, méfiez-vous du poète étranger, on a du le traduire. Pas très fiables ? Encore faudra-t-il que je vous dise pourquoi et/ou pour qui. A moins que ce ne soit l’usage de penser comme ça.

L’usage de penser qu’il ou elle est n’a pas nécessairement les pieds sur terre. Comme si l’exercice était l’évasion par le verbe. Et même cet usage qui voudrait qu’il ou elle soit vaporeux, qu’il s’évapore bien trop souvent ; mais vous baignez vos organes également sans que vous soyez douteux pour autant, et c’est vrai que ce n’est pas propre au poète. Du fait de leurs amours en berne mais tout cela est générique, mais toujours pas de notre race. Et définitivement notre pratique n’est pas affaire d’évasion ou quoi que ce soit de ce genre là, et si elle tient à une sphère c’est avant tout à la surface terrestre.

Pour que vous preniez tout cela au premier degré, méfiez-vous de moi, - je suis de cette espèce moi-même - parce que je suis de ces gens qui rendent les coups qu’ils prennent. Méfiez-vous de [sic], qui vous dresse ce mois-ci un portrait de Eugénio de Andrade, une exposition trop longue à une lumière trop blanche est fortement déconseillée.

Méfiez-vous d’eux, de l’usage mais la poésie.



sic05_mai_2009

mercredi 15 avril 2009

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éditorial,
par Pierre Hunout


pornographique est celui qui célèbre la mort de l’autre par sa propre mort. pornographique aussi celui qui donne la mort par la mort. le poème, lui, se maintient dans cette relation, entre demeure de l’invisible et remontée des Enfers, le poème c’est la peau d’Hadès brûlée par le soleil de Thésée, une peau noire et calcinée, une pornographie nègre.

(se) donner la mort ne certifie cependant pas le poème, n’a jamais abouti à amener une incidence jusqu’à l’oeil ; ce n’est que le poème qui parfois (se) donne la mort, comme bombe dans la bouche et/ou révolution avortée, constat d’échec pour ouvrir le tranchant du regard.

ici va l’écart entre le poète et le révolutionnaire, une évidente question de cible à (ne pas) atteindre. de fait, si toutes deux surgissent de et par la périphérie, seule la révolution cherche à gagner le centre ; la poésie, elle, ne se proclame pas et toujours se méfie de quelque pouvoir que ce soit. elle creuse et évide, elle met à jour un puits et un vertige. tout au plus si le poète devient parfois arme de la révolution, pornographie qui se sait pour un pornographique qui s’ignore.
ce mois-ci dans [sic], le mensuel de dixit, la mort se retranche à elle-même et s’invite avec le feu au banquet jamais rassasié du poème. ce mois-ci, dixit, la revue, espère s’augmenter d’un numéro, avec au sommaire Marc Perrin, Laurence Barrère et ismaël. trois talents de la poésie contemporaine auxquels nous avons le bonheur de donner la parole, une parole que nous sommes heureux de partager avec vous, toujours.



sic04_avril_2009

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éditorial,
par Laurence Barrère

à René Gouzenne, sans qui...


Au-delà des paradoxes, le poème n’est pas une histoire de saison, aussi infernale soit-elle. Il n’y a pas de printemps pour un poète.

Peut-être, me suggera Serge Pey, est-ce toujours l’hiver, pour nous poètes. La Cave Poésie, et avec elle le collectif dixit créent l’équinoxe infinie, ce mois-ci. Car entre les solstices le poème reste présent et [sic], le mensuel de dixit, la part manquante, prend et donne la parole à la longue histoire d’une saison infinie.

La poésie, sa célébration, est toujours hors-dogme, hors-élitisme ; hors-saison. [sic] ce mois-ci rend hommage à la Cave Poésie, à Serge Pey, à son atelier de tous les possibles, à l’effervescence permanente. Une dyonisie sporadique. La poésie n’est pas un événement, et pour reprendre Aragon, elle est un mouvement perpétuel, l’essence de chaque moment, en ou entre les mots, dans le froid torride des saisons, des bouches, et du suintement des plumes qui les ravagent.

[sic] parle du froid d’écrire, au-delà du bourgeon coriace. Car le poète se moque du bourgeon, et Michaux l’écrivait: « attention au bourgeonnement: écrire plutôt pour court-circuiter ». dixit propose son court-circuit ce mois-ci,[sic], évoquant la parole singulière de ce lieu inaugural qu’est la Cave poésie, non un salon, mais un grenier de transparence du poème.

dixit, association, collectif et revue représente d’abord la parole du poème, avant celle du poète, représente d’abord la parole donnée à. Avec le numéro 7 de sa revue semestrielle, ce sont à travers trois écritures les entrelacs du sens, du silence et de la mort que nous donnons à entendre. 14 mars, soirée d’échanges, entre un collectif, ses invités, et un espace du poème, où nous réunissent cette semaine tous les possibles, contre les institutions, contre les langages établis. Le poème ne fera pas rire, le poème aprintanier ne parlera pas des fleurs que l’on veut bien lui accorder.

dixit s’adresse aux aiguiseurs de saisons, par vous et pour vous, à Serge Pey et à ceux à qui il ensaigne la naissance, à travers cette semaine, où nous nous plaçons hors la masse, hors l’état, où nous parlerons, où nous dirons l’entre-quatre des saisons. Car « la vérité n’a qu’un visage, celui d’un démenti violent » disait Bataille.



sic03_mars_2009

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éditorial,
par Matthieu Marie-Céline


Entrer en poésie et être plusieurs. Plusieurs voix. Y être seul aussi, singulièrement seul. C’est la diagonale qu’avec [sic], le mensuel de dixit, nous envisageons, une fois encore. Plusieurs, à faire front à rebours d’un temps qui raconte ses mensonges et propage ses désillusions. Seul puisque, depuis longtemps, ainsi va l’Homme, résolument. Et lire Thierry Metz nous aidera dans cette pensée.

[sic], pour une tribune directe, que quiconque y entrevoie le poème comme une seconde nature où revêtir le monde, le poème comme une responsabilité plus criante, d’abord ! Pour faire entendre des voix de choeur à l’instar des chants du Carnaval, faire entendre la voix d’un pair ou sa propre voix. Quoi qu’il en soit, ce numéro présent s’attachera à vous donner à voir le monde comme la poésie l’habille, un monde rêche et aussi authentique que possible. Ici, des poètes debout qui tiennent à dire l’état du monde, ici et là, des femmes et des hommes se défont de leur sociétal épiderme. Des poètes dans le trouble, en quête orale autant que couchés sur le papier.

D’aucun n’y trouvera pas toujours son compte, c’est ainsi qu’un nous se distingue, les uns face aux autres. Chaque mois sera pour nous l’occasion de vous rappeler que toutes les voix se veulent différentes, que chaque voix est unique, mais plusieurs, pour envisager la poésie invariablement manuelle et boueuse. Le poème dans la terre et dans les bleus, que je vous souhaite innombrables, notre cheval de bataille en commun. En attendant le timbre de votre langue ici, en voici quelques-unes que le collectif vous offre en pâture, à découvrir pour les uns ou à relire pour les autres. A coup sûr, où se noyer.



sic02_février_2009

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éditorial,
par Pierre Hunout


Point de répétition, seule une réitération : nous ne sommes maison qu’en commun, un fragile édifice polyglotte et polémique. Politique donc. Publier, rendre le parole à, non pour occuper le terrain, mais bien parce qu’il y a nécessité à faire entendre, urgence à se faire entendre. Certes, il ne s’agit pas d’atteindre à l’effacement de ce bruit ambiant ; certes, c’est par l’opulence que ce dernier tend à masquer la perspective aveugle, le poids de l’aphasie. Toutefois, il faut amener au jour ces tentatives de le détourner, de le dévier et de rendre audible ce qui jusqu’ici n’était que sous-jacent. Travailler l’acouphène. C’est donc ici le rôle de dixit, du collectif dixit, que d’ouvrir une porte plurielle, une proposition aux bras tentaculaires, une po[li/é]tique.

En somme, il s’agit d’éclaircir le poème, ou l’arithmétique du désaccord. Mais soyons vigilants, le consensus n’est pas de notre temps, si tant est que jamais ce ne fut le cas. Et si nous nous enorgueillons encore à défricher, creuser de la liberté dans le soleil sera toujours le plus sûr moyen de voir surgir notre seuil, où gravir ; aujourd’hui et demain, comme hier, la poésie s’exprime dans la dissidence, à la marge des littératures ; précaire, ce n’est qu’ensuite que les pouvoirs l’utilisent à desseins. Et pourtant, de combien l’indispensable mise en marche se doit d’installer un lieu de contre-jour. Quand bien même se serait-elle estompée, éblouie d’une lumière rasante, il y a une bouche qui dit le levant de la parole hors de soi. Il se hisse, ce poème, notre étendard. Qu’il parcoure le trou noir de son propre secret, à contre-courant de l’entendement général. Peu importe. Ailleurs, toute la langue ferait défaut.

Vous, vous êtes venus, vous avez vu, vous avez lu tandis que 2009 s’avançait. Un siècle qui s’amorce, un nouveau berceau fait à [sic], le mensuel de dixit, et, au nom du collectif, je vous en remercie sans oublier de vous souhaiter bon courage. C’est que ce siècle, nous, sera courageux ou ne sera pas.



sic01_janvier_2009

sic_01_janvier2009

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éditorial,
par Anthony Clément

lettre à un jeune mensuel,

acculer dans une page, ferrer comme un cheval, pousser dans une cage le poème comme un animal, sera chaque mois la mission première de [sic].

Après cinq années de lectures et performances, il ne s’agissait pas de poursuivre textuellement le mouvement, le collectif publiant depuis trois ans déjà une revue semestrielle (numéro 7 de dixit en mars 2009). Il s’agit de continuer à provoquer ces moments, à désigner ces lieux de rencontres où éclaircir la poésie contemporaine, avec [sic] comme support mensuel de l’actualité poétique, à demeurer créatifs, à stimuler auteurs, lecteurs et public proche ce dernier, à ce qu’il s’en dit, de la catalepsie, à interroger, à rendre hommage, à proposer.

dixit, collectif de poètes avant d’être comité de rédaction, revue puis mensuel rappelle que le poème n’est pas une forme mais une force ! qu’il se fiche de ceux qui habitent un bel esprit loué entièrement meublé et qu’un poème soit jugé trop scolaire, trop hermétique ou post-avanringardiste. dixit soutient les poèmes bancroches, et les poètes à retardement.

Frénétiquement, [sic] mettra en pages le poème, en forme, et rituellement l’en arrachera, lui rendra sa force, sa liberté, celle de s’isoler ou de se jeter sur sa proie.

L’éditer, en domestiquer l’oralité.
Avec tout mon dévouement et tout mon penchant.



sic00_décembre_2009