lundi 14 décembre 2009

téléchargez sic11_décembre_2009






éditorial,
par Pierre Hunout


Portugal, ma mer d’accueil et terre d’exilés, terre !, là-bas, aux confins occidentaux de l’Europe, Portugal, nous voilà !

Ce mois-ci, [sic] ouvre son espace à la poésie portugaise, pour un numéro spécial, un [sic] double, en français ET en portugais, un [sic] dans une langue qui n’est pas la sienne, mais la poésie en a-t-elle une, de langue, ou sinon, le langage ? Un numéro spécial, donc, pour fortifier les ponts et maintenir la lucarne ouverte. Evidemment, ces quelques pages ne suffiront jamais à faire le tour de la question, et d’ailleurs, là n’est pas l’objectif (à peine une esquisse). Plus humblement, notre volonté, nous dixit, se limite à cette attention envers ce que l’Autre a à nous dire, à nous conter.

Au travers de deux exemples de maison d’édition, Assírio & Alvim et & etc, il nous a semblé juste de rendre hommage à ceux qui diffusent la poésie au Portugal, car la diffuser c’est aussi faire la poésie. Ces acteurs essentiels et trop souvent ignorés ou au moins pas considérés à leur juste valeur, nous, dixit toujours, nous reconnaissons dans cette logique qui échappe au marché-roi. A l’image de & etc, nous pensons également que certains échecs peuvent révèler cette face cachée par le monde dont nous parle si bien Jaime Rocha.

De Lisbonne au chaos, de Herberto Helder à l’ombre gigantesque de Fernando Pessoa, la littérature portugaise s’est émancipée de l’époque salazariste et se réinvente, à l’image d’une terre où le temps rebrousse tous les chemins, une terre qui se confond avec son histoire maritime, comme des vagues qui sans cesse ramènent au-dessus ce qui alors se tenait sur le sol, donc la poésie.

Portugal, tant d’amours, et jamais plus je ne connaitrai la saudade.





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